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Conférence Isabelle FILLIOZAT : J'ai tout essayé!

Conférence Isabelle FILLIOZAT : J'ai tout essayé!

Conférence Isabelle FILLIOZAT 06 Juin 2015   « J’ai tout essayé »

Organisée par Familles Rurales à Châteauneuf sur Loire

La conférence débute par une salve d’applaudissement par et pour Isabelle Filliozat afin de saluer l’ensemble des personnes présentes, preuves que l’éducation positive est en marche…

Lorsqu’elle a écrit « Au cœur des émotions de l’enfant » il y a 18 ans, I. Filliozat s’est basée sur son intuition, aujourd’hui grâce aux neurosciences la théorie se « voit » au travers de l’imagerie médicale notamment.

La conférence s’articule autour de questions posées par l’assemblée et tirées au sort par I Filliozat.

1 Comment réagir avec un enfant qui ne veut pas dire bonjour ?

L’enfant a besoin que son « bonjour » est du sens. Il faut prendre le temps de voir si l’enfant connait bien la personne. Si vous saluez le boulanger par exemple, il s’agit d’un code social ; votre cerveau a déjà traité une grande quantité d’infos (lieu, fonction, situation) que le cerveau de l’enfant ne peut faire à cause de son manque de maturité. Jusqu’à au moins 4 ans il ne maitrise pas la notion de cause à effet.
L’adulte doit prendre le temps de se mettre à hauteur de l’enfant pour le saluer car lever la tête n’active pas les mêmes zones du cerveau et il demeure que l’adulte peut se montrer très impressionnant pour l’enfant.
Si l’enfant se met en situation de stress il a 3 modes de fonctionnement à sa portée : LA FUITE, LE FIGEMENT ou L’ATTAQUE.
Le parent devra alors expliquer à la personne que son enfant a besoin de temps pour le rencontrer.
Ensuite l’enfant propose SA rencontre sous forme de dessin par exemple, en montrant sa chambre ou ses jouets…
Et puis dire bonjour pour qui pour quoi ?
Pour que le parent passe pour un bon parent ?

2 Pourquoi le besoin de câlin est plus long les soirs de semaine ?

Lorsque le cerveau de l’enfant (amygdale) est stressé il secrète du cortisol, et l’antidote est l’ocytocine secrétée par exemple lors d’un câlin.

Une journée de crèche ou d’école demande de nombreux efforts de concentration, d’adaptation et de frustrations au jeune enfant il rencontre de nombreuses situations de stress au cours de sa longue journée : ainsi les moments de câlins devront être plus longs les soirs de semaine pour aider le taux de cortisol à diminuer alors que le weekend, l’enfant rencontre moins de stress.

I. Filliozat projette un petit film qui illustre les travaux de J BOWLBY sur la théorie de l’attachement. Elle explique que l’attachement de l’enfant se fait généralement avec la mère puisque celui-ci commence dans le ventre et se poursuit avec la personne qui lui prodigue les soins (maternage).Elle conclue donc que cet attachement est biologique et non psychologique.
Sur cette vidéo on voit que si la maman n’inter agit plus avec son bébé celui-ci entre vraiment en souffrance, il se met à pleurer (il émet un cri très strident) et enfin il perd complètement sa stature (comme un pantin).

Une expérience faite sur un adulte qui joue au ping-pong contre l’ordinateur, montre qu’au moment où l’ordinateur se met à jouer seul (rejet de l’adulte) alors en 4 minutes seulement la zone de la douleur s’allume dans son cerveau (IRM).

Un visage impassible montré à un enfant provoque sur lui le même effet.
Elle veut démontrer ici que chaque fois que nous voulons punir nos enfants en les ignorant ils souffrent et ne sont pas en capacité de comprendre nos réactions, ni d’en tirer une quelconque leçon.

Une autre expérience faite sur 2 groupes d’enfants :
Chaque groupe joue pendant 30 minutes avec sa figure d’attachement à un jeu de construction (jenga).
Dans le premier groupe il y a des interactions, des échanges entre adultes et enfants.
Dans le deuxième groupe le visage de l’adulte reste impassible, voire son attention est prise ailleurs.
A la fin du temps de jeu on mesure un taux de cortisol (hormone du stress) beaucoup plus haut chez le groupe qui n’a pas bénéficié d’interactions.
Si à la suite de ce temps de jeu on soumet les 2 groupes à une situation de stress, on retrouve le même phénomène ; les enfants du premier groupe conservent un taux de cortisol très faible
Ici elle démontre que l’AMOUR est un carburant et non une récompense.

3. Comment réagir face à un enfant de 3 ans qui refuse de dormir avant 22h ?

La première réponse est de vérifier que le nombre de câlin est suffisant. Un enfant ne peut trouver le sommeil avec un taux d’ocytocine trop bas.
Réfléchir à l’évolution de l’enfant : s’il est en cours d’acquisition (propreté, langage, école…) il se peut que la nouveauté engendre une régression sur le coucher par exemple.
Autre piste : nous demandons à nos enfants de se brosser les dents mais les salles de bain sont souvent trop éclairées et n’indiquent pas à l’enfant le temps de sommeil à venir.
Enfin pour dormir le corps doit secréter de la mélatonine il faut savoir qu’entre 2 et 5 ans il y a un décalage de la production de la mélatonine vers 21, 22h. A 6 ans la production revient vers 20h c’est pourquoi on amalgame ce phénomène avec la rentrée au CP. Enfin celle-ci se re-décale vers 23h à 13 ans…
Vous devez également observer VOTRE enfant pour qu’il ne loupe pas le train du sommeil (voir sur le net), et savoir qu’un enfant a besoin d’un fond sonore pour s’endormir, car le silence = le danger. En effet la nature s’arrête lorsqu’ elle perçoit un danger notre petit d’homme aussi !

4. Comment réagir quand mon fils se montre insolent ?

Ici il convient de définir : « insolence » ou réaction naturelle du cerveau de l’enfant ?
A 18 mois un enfant ouvre les placards ; Vous lui dites : Ne touche pas à ce placard !!
Le cerveau du petit comprend : Touche / Placard !!!
La conséquence directe c’est que ce petit va refaire le geste de toucher le placard très lentement : cela ne signifie pas qu’il est insolent, il tente de valider l’intuition qu’il a.
La punition ou l’adulte qui crie va déclencher la répétition du geste car l’enfant ne comprend plus.
Il faut garder en mémoire qu’avant 4 ans le petit n’a pas la notion de causalité ni le pouvoir d’inhibition.
Quand l’enfant est plus grand on peut interpréter ses réactions comme de l’insolence :
I. Filliozat partage son expérience d’avoir gifler sa mère à 15 ans. En fait celle-ci avait passé la journée chez une amie dont la famille était particulièrement violente et où elle avait assisté à des scènes de gifles et d’insultes. Son cerveau sous stress l’a figée. Elle est alors rentrée chez elle totalement en mode automatique et c’est en voyant sa maman (figure d’attachement) que l’ocytocine est reparue en elle. C’est alors que son corps tout entier a voulu exprimer son malaise en frappant sa mère : le geste non conscient traduisait la souffrance dont elle était victime et qu’elle ne pouvait exprimer avec des mots.

Elle illustre ici le fait que lorsque votre enfant vous insulte (maman méchant !) il y a fort à parier qu’il s’agit de la traduction d’une situation blessante pour lui.

5. Quelles sont les limites de la parentalité bienveillante ?

Dire qu’il y a une parentalité bienveillante reviendrait à dire qu’il existe une parentalité malveillante or tous les parents sont bienveillants.
Etre parent est très difficile et nous ne sommes pas tous équipés de la même manière pour y faire face.
Si nous sommes tous construits biologiquement pour prendre soin de nos enfants, nombre d’entre nous ont dû faire face à une éducation faite de coups et punitions qui ont endommagé certaines zones du cerveau : par exemple face aux pleurs de bébé certains iront tout de suite vers lui d’autres auront une zone de stress déclenchée. Plus l’adulte a été rejeté moins il a de capacité à réguler ses émotions.
Un parent trop autoritaire est un parent blessé.
Face à une casserole qui bout et dont le lait déborde nous ne pouvons agir que sur le bouton de gaz : donner de l’amour et de la liberté de choix à nos enfants.
Proposer lui de mettre les bottes ou les baskets et vous obtiendrez plus de coopération que si vous ordonnez les bottes, l’essentiel étant de protéger la relation et que l’enfant sorte chaussé !

 Envie de découvrir les clés de la communication bienveillante avec vos enfants?
Apprivoiser leurs émotions, fixer des limites dans un cadre bienveillant ou encore trouver des alternatives à la punition c'est ce que je vous propose de partager dans les ateliers pour parents " les mots qui font grandir".

Renseignements sur www.sos-parent.fr

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